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Mémoires du septième fléau V - Sur les traces de Louisoix

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MessageSujet: Mémoires du septième fléau V - Sur les traces de Louisoix  Sam 20 Sep 2014 - 9:34

Sur les traces de Louisoix


Le bateau s’éloignait lentement de la baie, gagnant de la vitesse au fur et à mesure que ses vastes voiles blanches se gonflaient sous le vif vent côtier. En bout de quai, accompagnés de leur père, Alphinaud et Alisaie assistaient au départ du navire à bord duquel se trouvait Louisoix Leveilleur, leur estimé aïeul.
« Il s’en est allé », murmura faiblement Alphinaud, les yeux rivés sur la silhouette fuyante de l’embarcation. Alisaie jeta bien un regard en direction de son frère, mais elle se tut. Ses yeux étaient encore rougis par les larmes.
Chacun des deux jumeaux avait accueilli la nouvelle du départ de leur grand-père à sa façon. Alors que l’un avait fait preuve d’un calme impassible, l’autre s’était répandue en pleurs et en cris. Malgré cela, à les regarder se tenir côte à côte sur le quai, étreignant chacun leur grimoire comme si leur vie en dépendait, il eut été difficile de les distinguer.
Ils n’étaient pas aussi différents qu’ils voulaient bien le croire...



« Même si vous n’aviez pas été admis à l’Académie des arts magiques – ce pour quoi je suis néanmoins très fier de vous – ces présents auraient été vôtres. Tenez, il y en a un pour chacun d’entre vous. Lus ensemble, ces grimoires forment un seul et même tome. Tant que vous vous soutiendrez mutuellement dans vos études, les leçons qu’ils renferment n’auront pas de secrets pour vous. » Les deux ouvrages que Louisoix avait remis à ses petits-enfants quelques heures à peine avant son départ étaient pour le moins curieux. Rédigés de façon à ce que leur contenu ne puisse pas être déchiffré l’un sans l’autre, ils laissaient transparaître l’humour malicieux dont savait parfois faire preuve l’éminent sage sharlayanais derrière ses habituels airs solennels.

« Merci, grand-père. » Alphinaud accepta son grimoire avec grâce et dignité. Dans le même temps, Alisaie reçut le sien de façon distraite, avant d’aussitôt reprendre son entreprise de dissuader Louisoix de prendre la mer.
« Devez-vous vraiment partir, grand-père ? N’y a-t-il rien que nous puissions faire pour vous retenir ?
- Voyons, mon enfant, nous avons déjà suffisamment parlé de cela. »


Un mois avait passé depuis que les jumeaux avaient appris que Louisoix allait quitter Sharlayan pour gagner les rives d’Éorzéa. Il leur avait alors patiemment exposé son dessein, qui était de venir en aide aux habitants de cette terre éloignée pour anticiper le désastreux avènement de la 7e ère ombrale.
Conscient de la fermeté de son grand-père dans sa résolution, Alphinaud avait choisi de dissimuler sa mélancolie et de rester silencieux, contrairement à Alisaie et à Fourchenault, leur père. Alors que la jeune Élézenne tentait de s’opposer au voyage de son grand-père au nom de son amour et de son admiration pour lui, les objections de Fourchenault étaient plutôt de nature politique. Le fils aîné de Louisoix était un membre influent du Forum, l’assemblée de philosophes en charge de diriger Sharlayan, et comme la majorité de ses collègues, farouchement opposé à toute intervention militaire. Dans son esprit, la vocation première des Sharlayanais était de chroniquer les événements survenant à Hydaelyn, pas de s’en mêler.

Quand les hordes de l’empire de Garlemald déferlèrent sur Ala Mhigo, une des six cités-États d’Éorzéa, c’est Fourchenault et ses compagnons qui tentèrent d’engager les pourparlers de paix. Après l’échec des négociations, ils comprirent qu’ils n’avaient pas d’autre choix que d’abandonner leur propre colonie avant qu’elle soit à son tour envahie par les Impériaux. Après cinq années de préparatifs douloureux et fastidieux, leur plan de regagner l’archipel septentrional dont ils étaient originaires fut enfin mis à exécution.
En l’an 1562 de la 6e ère astrale, la Cité de Sharlayan – un centre de l’érudition éorzéenne, situé dans les Basses-terres de Dravania – se transforma en ville fantôme en l’espace d’une seule nuit. Bien que conscients d’avoir pris part à cet exode brutal, les jumeaux n’avaient aucun souvenir de l’épisode, car ils n’étaient encore que des nourrissons à l’époque.

« Père, seuls les sauvages recourent à la guerre » affirma Fourchenault, poursuivant le plaidoyer de sa fille. « C’est une pratique que les sages abhorrent. En tant que Sharlayanais, il en va de notre devoir d’observer et d’archiver le cours de l’histoire, mais en aucun cas de chercher à le modifier. Notre civilisation ne progressera pas au travers de conflits vains mais en transmettant nos connaissances aux générations futures. »
« Je t’ai déjà dit que tu ne me feras pas changer d’avis, Fourchenault »
répondit Louisoix, visiblement las. Il avaient eu la même conversation, presque mot pour mot, au moins une douzaine de fois en autant de jours. « Ignorer l’appel à l’aide de ces gens, ce n’est pas de la sagesse, c’est de l’indifférence. Et je crains que ce genre d’attitude passive ne nous fasse guère avancer sur la voie du progrès... Je comprends parfaitement que tu veuilles épargner à ces enfants les horreurs de la guerre, c’est pourquoi je ne vous force nullement à retourner en Éorzéa à mes côtés. La vie nous impose de faire des choix, mais nous devons aussi protéger ce qui nous est cher. » Les deux interlocuteurs refusant tout compromis, la discussion se conclut de la même manière qu’à l’accoutumée.
Alphinaud et Alisaie étaient dotés d’une intelligence exceptionnelle pour des enfants. Ils étaient tellement en avance dans leurs études de théorie de l’éther et autres domaines ésotériques qu’ils avaient tous les deux réussi l’examen d’entrée à l’Académie des arts magiques à l’âge de onze ans.
C’est pourquoi Alphinaud, bien que comprenant la logique de l’argumentation de son père, était conscient que la cause de Louisoix était juste. Le garçon restait silencieux non pas par stoïcisme, mais parce qu’il savait que son manque d’expérience ne ferait qu’entraver la volonté de son grand-père.
Bien qu’aussi vive d’esprit que son frère, Alisaie ne fit pas preuve de la même maturité et donna libre cours à son mécontentement, invectivant intérieurement Alphinaud pour son silence et sa résignation devant la décision de leur grand-père. Comment peut-il rester comme ça sans rien dire !?
Une petite mais néanmoins évidente discorde venait d’apparaître entre les jumeaux.

Le jour funeste arriva bien longtemps après que Louisoix prit la mer et disparut derrière l’horizon. Alphinaud et Alisaie se trouvaient dans l’observatoire de l’Académie des arts magiques en compagnie de leurs professeurs et d’une foule d’autres étudiants. Tous étaient réunis autour de la base du télescope géant, attendant leur tour pour admirer le spectacle menaçant de la lune rouge, Dalamud.
« Dalamud est en train de se briser ! », cria soudain Alisaie, forçant son visage contre l’œilleton du télescope pour ne pas perdre une miette de la scène. La vision offerte par l’ensemble des verres grossissants du dispositif était déformée et floue, mais la destinée de l’astre ne faisait aucun doute – elle pouvait voir sa silhouette pourpre se désagréger au-dessus de Carteneau.
« Quoi !? Il se brise avant même de toucher le sol ?
-    C’est impossible ! »

Des murmures empreints d’excitation et des théories élaborées à la va-vite s’élevaient parmi les élèves et les professeurs.
« C’est grand-père ! Il a sauvé Éorzéa ! » Alisaie, les yeux remplis de larmes de joie et de soulagement, se retourna pour trouver le visage de son frère dans la foule. Depuis plusieurs lunes, le sage Urianger envoyait régulièrement des nouvelles des activités de Louisoix aux deux jumeaux. C’est lui qui les avait informés de la présence de leur grand-père dans la plaine de Carteneau, et du déroulement de la bataille qui y faisait toujours rage malgré la catastrophe imminente.
Écartant de l’épaule sa sœur au comble de l’excitation, Alphinaud regarda à son tour à travers la lentille. Bien que l’air était embrumé d’innombrables nuages de fumée et de cendres, il comprit tout de suite qu’Alisaie avait dit vrai. Dalamud n’était plus.
Il y a quelque chose qui ne tourne pas rond... Alphinaud continuait de scruter la scène. L’aura rougeoyante de l’astre avait fait place à une pluie incandescente non moins inquiétante, comme si des larmes de lumière coulaient des cieux. J’ai un mauvais pressentiment...

La spectaculaire agonie de Dalamud provoqua une puissante vague d’énergie éthérée qui rendit toutes les linkshells inutilisables pendant plusieurs jours. Durant cette période, les jumeaux Leveilleur passèrent le plus clair de leur temps à se repasser les événements dans leur tête pour tenter de comprendre ce qui s’était passé. Puis, après plusieurs semaines sans nouvelles, une lettre d’Urianger arriva.
La calligraphie élégante du sage décrivait des abominations que les jumeaux se refusèrent à imaginer. De l’enveloppe craquelée de l’astre avait émergé un dragon ancien dont l’immensité dépassait l’entendement, une incarnation de rage et de flammes qui avait ravagé les terres plusieurs dizaines de malms à la ronde. Sans jamais perdre courage, Louisoix avait persisté dans son plan consistant à invoquer le pouvoir des Douze. Grâce à ce divin soutien, il parvint à bannir la créature et à sauver ainsi Éorzéa.
Cependant, quand les jumeaux arrivèrent à la conclusion du stupéfiant récit d’Urianger, la faible lueur d’espoir qu’ils entretenaient encore avait achevé de s’éteindre.
Sur la plaine dévastée de Carteneau, mon vénérable mentor – votre aïeul bien-aimé – devint alors lumière et s’en alla pour son dernier voyage.
Les épaules tremblantes d’Alphinaud trahissaient son chagrin contenu, tandis qu’Alisaie hurla toute sa peine haut et fort, sans se soucier de qui pourrait l’entendre.



Cinq années plus tard, un autre bateau quittait la baie. Alphinaud et Alisaie se tenaient sur le pont qui tanguait doucement, scrutant la silhouette de leur père qui diminuait peu à peu.
Fraîchement diplômés de l’Académie des arts magiques, les jumeaux Leveilleur avaient désormais seize ans – un âge suffisamment mûr pour être considérés comme adultes dans la société sharlayanaise. C’est pourquoi Fourchenault, même s’il était opposé à leur projet de voyage, ne fit rien pour leur barrer la route quand l’heure du départ sonna.
« C’est notre tour, maintenant », murmura Alphinaud en pensant au jour où Louisoix avait pris la mer.
« Nous marchons sur les traces de grand-père », répondit Alisaie, la tête baissée en signe de respect.
En regardant sa sœur, Alphinaud fut frappé par la différence de nature qui existait entre leurs convictions. Cependant, à les regarder l’un à côté de l’autre, étreignant le bastingage avec ces grimoires identiques accrochés à leur ceinture, bien malin qui eut été capable de les différencier.
Décidément, ils n’étaient pas aussi différents qu’ils le croyaient.

Mémoires du septième fléau V - Sur les traces de Louisoix

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